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Monique sur les crêtes

Mais qu’est-ce qui lui a pris ? À 80 ans, à deux doigts de la perte d’autonomie, à la veille d’aller se poser tranquillement en maison de retraite… Monique s’en va. Elle s’offre une fugue. Elle met ses semelles de vent. Elle se barre sur les chemins.

 

Monique n'a pourtant jamais posé de problème. Elle a toujours rempli ses obligations.

Notre héroïne, personne ne la verra et pourtant tout le monde la cherchera, cherchera à comprendre. 
Les trois personnages partis à sa recherche sont sa fille, son filleul et son aide à domicile. Chacun a une histoire différente à raconter et un avis sur les motivations de cette fuite.  
Ils sont accompagnés d'amis d’amis venus là pour aider à retrouver la vieille dame : le public.
Et voilà tout ce monde impliqué dans cette recherche aux allures de quête initiatique, tant bouffonne que poétique. 
En fugue, Monique n'est pas là où on l'attend et bouleverse l’ordre des âges, l’ordre des choses. 
En fugue, Monique  nous pousse à nous interroger sur les normes sociales de notre société, les concepts de dépendance, de vulnérabilité et de liberté. 
 
 
        
Nous avons eu d'abord envie de nous interroger sur la marche. Comment est-elle devenue un loisir ? Une littérature abondante nous invite à retrouver l'appétit sauvage enfoui en nous et à renouer un lien concret à la nature, aux paysages.
        
Cette envie en a amené une autre : emmener un public de théâtre à  marcher sur les sentiers.
 

Le titre a changé!

photos Jérôme Raphose
photos Jérôme Raphosephotos Jérôme Raphose

photos Jérôme Raphose

Sur le chemin surgissent l'univers littéraire et  symbolique de la quête, de l'aventure initiatique, les romans picaresques, les récits, les exploits individuels et derrière ces récits, la plupart du temps, des hommes. Des aventuriers qui vont rompre avec leurs responsabilités sociales et partir le coeur tranquille sachant qu'une Pénélope quelque part veille sur le foyer... Aux hommes l'exploit, aux hommes l’aventure, aux hommes le danger.
Au milieu de ces œuvres masculines, quelques exceptions, dont l’une qui retient notre attention :  Emma Gatewood qui, à 67 ans, a marché 8 mois sur l'Apalachian Trail, le chemin de randonnée le plus long et le plus périlleux du monde. Elle a laissé une note en partant à ses 11 petits-enfants : "Je suis partie marcher un peu."
C'est alors qu'est apparu dans notre esprit l’antihéros de récit initiatique par excellence : une femme âgée.
Souvent, la personne âgée apporte une leçon de sagesse qui légitime l’état du monde tel qu’il est. Ici, nous posons un regard  singulier sur la vieillesse en centrant notre histoire sur une femme dont la fugue résonne à l’inverse comme un cri de révolte. Son acte est une revendication à disposer de soi, à pouvoir sans cesse se réinventer, quel que soit son âge, son genre, son milieu social. Nous voulons que nos personnages et le public ne reçoivent donc pas un enseignement, mais plutôt une invitation à interroger leurs désirs et leurs assignations, au gré des paysages, des bifurcations, des crises, des indices et des bivouacs.         
Nous voulons que le spectacle leur offre aussi une fugue, un espace de rupture avec le quotidien, favorisé par l’immersion dans un cadre naturel.          
Il sera question des désirs et des aspirations étouffés par le poids du travail et des injonctions sociales. Mais malgré tout, nous voulons d’un spectacle résolument drôle et joyeux. Car nous souhaitons proposer une expérience qui  célèbre l’insolence et ouvre l’imaginaire. 

 

Un spectacle de chemins : 
La marche peut dépasser la dimension récréative. Elle peut se faire acte de résistance, mouvement à contre-courant, refus des injonctions de compétition, performance et rentabilité que nous impose notre société. C’est accepter la lenteur, c’est prendre le temps de se connecter avec son environnement.
C’est favoriser la pensée en mouvement qui stimule l’ouverture de nos imaginaires, essentielle à la réinvention de nos vies individuelles et collectives. 
Dans un souci d’accessibilité, l’objectif n’est pas nécessairement que cette marche soit longue. Plutôt que d’avaler les distances avec le public nous aurons surtout à cœur de mettre les spectateurs dans un état proche de celui que les randonnées provoquent, la rupture avec le quotidien, l’éveil des sens et une appréciation accrue de son environnement. 
Nous jouerons avec les singularités de chaque paysages que nous rencontrerons. Le lien à l’espace public est, un des éléments clef de cette création, en interrogeant notre usage des espaces naturels et en participant à la valorisation des territoires qui accueilleront le spectacle. 

 

L'équipe

Léa Good


Sur son chemin, des études littéraires, théâtrales en France et au Brésil, de l'Université Lyon II à l'Université Fédérale du Pernambouc en passant par le Conservatoire de Grenoble. Puis le théâtre prend toute la place, jouer et créer devient urgent, prendre à bras le corps les problèmes de société et en faire un théâtre résolument engagé, populaire, exigeant, poétique... Mais pas question d'arrêter de se former, au chant, à la danse. Avec la Cie Augustine Turpaux el le tend l'oreille dans les villages le jour et en fait matière théâtrale le soir, pour un spectale unique à chaque fois, reflet d'un territoire. Avec le Collectif de l'Atre, elle écrit, met en scène, et surtout elle joue dans la rue, dans les collèges, dans les théâtre... et puis les mots de W.B. Yeats dans la forêt, l'insoumission irlandaise sublimée par les puissances sylvestres.


Capucine Mandeau


Elle aime effleurer les bouts du monde, prendre de la hauteur et naviguer à vue. Après un master de Lettres Modernes el le rentre à l'ENSAD de Montpellier. Puis elle bifurque vers le théâtre de rue, où, en déambulation dans les villes, on touche enfin un français sur 4 (mieux que le foot ?). Elle travaille la danse de rue avec Artonik, Shakespeare avec Philippe Avron, le cirque avec Cie SCOM, encore Shakespeare avec Art Cie, le conte en LSF avec Belle Pagaile. Elle accompagne ou dirige des projets de création en écriture et en mise en scène pour le théâtre (théâtre agricole), le théâtre de rue (Merlan Free) ou le cirque (Exploratrices, Boîte Noire...) Dernièrement, elle a joué dans un Roméo et Juliette en rue et un spectacle musical sur les arbres.

Cécilia Schneider
Jeu (en alternance avec Capucine Mandeau) et mise en scène
En parallèle d'une licence en anthropologie, elle suit des cours d'art dramatique au sein de l'école Premier Acte, dont elle sort en 2010. Depuis, elle porte des textes contemporains (Claire Lestien) dans des spectacles musicaux du Collectif Le 13ème cri. Elle rencontre sur son chemin la Compagnie Colegram pour laquelle elle participe (à l'écriture, à la mise en scène et au plateau) à des créations collectives pour le jeune public en salle, ainsi que des formes dédiées à l'espace public, influencées par des axes de réflexion féministes.
En parallèle, elle développe un goût certain pour le "jeu caméra" et tourne dans des productions audiovisuelles lyonnaises (ALZ Films, Kino. . . ). Curieuse de nourrir ses valises poétiques, elle chante au sein
de divers choeurs polyphoniques, danse le flamenco et joue de la batterie. Quand elle ne crée pas, elle
apprend le tchèque, elle milite avec des collectifs en faveur des droits sociaux et laisse son empreinte sur
les sentiers littoraux bretons.

Pierre-Damien Traverso

Après des classes préparatoires littéraires, il intègre un Master d'Etudes théâtrales à L'Ecole Normale Supérieure de Lyon. Il se forme au jeu et à l'écriture de plateau dans des masterclass avec des artistes comme Sylvain Creuzevault (Cie D'ores et déjà), Gwenaël Morin et Oriza Hirata. Puis il se jette dans le grand bain. Il travaille en troupe avec la Grenade, Cie avec laquelle il joue aussi bien dehors que dedans. On y joue avec l'histoire, dans des grandes fresques sur la Révolution française ou la Commune de Paris et avec l'actualité en croquant les nouvelles en 48h pour créer un spectacle. Il s'est formé à la dramaturgie auprès de Marion Boudier et Joël Pommerat et il travaille en tant que dramaturge et assistant à la mise en scène au sein de la Cie Les Songes turbulents. Il est comédien pour les Cies Ema, Augustine Turpaux, Théâtre de l'Unité et Komplex Kapharnaüm, ainsi que pour le Collectif de l'Atre où il rencontre Capucine Mandeau et Léa Good.

Avancée du projet


Résidences :
- 14 au 20/10/19 : résidence d'écriture au Théâtre de l'Unité (25)

- 9/03 au 15/03/20 : résidence d'écriture au Théâtre de l'Unité

 

- 6 au 11 juillet 2020 : résidence à Pronomade(s) CNAREP (81)

- 21 au 26 septembre 2020 : résidence à la Filature du Mazel (30)

- 11 au 17 janvier 2021 : Résidence d'écriture à la Transverse à Corbigny avec Elodie Muselle, dramaturge

17 janvier : lecture publique à la Transverse (58)

-2 au 14 février : Résidence de création à La Dame d'Angleterre (30) avec Sarah Marzouk, metteuse en scène

12 février : sortie de chantier à la Dame d'Angleterre (30)

-1 au 7 mars 2021 : résidence de création à Le Grand R (01).

6 mars : sortie de chantier Le Grand R (01)

-18 au 30 avril 2021 : résidence de création au Parapluie, CNAREP Aurillac (15).

29 avril : sortie de chantier au Parapluie -Association ECLAT CNAREP Aurillac (15)

-6 au 16 mai 2021 : résidence de création à Animakt.

9 mai : Les beaux dimanches Répétition publique à Animakt (91)

-30 août au 5 septembre : Résidence au Pudding Théâtre avec Christophe Chatelain, metteur en scène.


D'autres partenariats, production et diffusion, sont en cours de discussion pour 2021-2022.


Actions culturelles possibles


Organisation de marches avec les habitant.es des lieux dans lesquels nous allons travailler.

Proposition d'extraits du spectacle, débats et discussions autour des thématiques soulevées.


Balades sonores. Recueil de témoignages audios sur le territoire sur le rapport au paysage, la liberté, la fuite, la marche...

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